Le BAFD aux CEMÉA

Le « Brevet d’aptitudes aux fonctions de directeur », ou BAFD, est le premier pas de beaucoup d’animateurs dans le domaine de la direction d’accueils collectifs de mineurs.
Concrètement, le BAFD est un brevet décerné par le Ministère de la Jeunesse et du sport, à l’issue de 4 temps de formations distincts :

  • 9 jours de formation théorique
  • 14 jours de stage pratique à effectuer
  • 6 jours de formation théorique, appelée « Session de Perfectionnement »
  • 14 jours de stage pratique à effectuer à nouveau.

 

A la suite de ces 4 étapes, un écrit faisant office de Bilan est à rédiger par le candidat ; celui-ci devra résumer la formation vécue par le stagiaire et faire état de sa réflexion et de son évolution.

 

Cette formation ne permet, en théorie, de travailler que pour une durée annuelle maximale de 80 jours : C’est une formation qui fait partie de ce qu’on appelle l’ « animation volontaire », mise en comparaison avec l’ « animation professionnelle » qui, elle, rassemble des diplômes à formation longue comme le BAPAAT, le BPJEPS, le DEJEPS, le DESJEPS, les différents CQP, …

Alors, dans les faits et la pratique, qu’est-ce que c’est une formation BAFD aux CEMÉA ?

 


1- L’équipe de formateurs,  

D’abord, c’est une équipe de formateurs, tous détenteurs de la formation et/ou d’un diplôme supérieur, constituée en fonction de plusieurs facteurs comme :

– Le nombre de stagiaires ; pour un réel accompagnement de la personne

– L’envie et le temps disponible des formateurs ; assurance de la motivation de ceux-ci

– La formation des formateurs ; les CEMÉA forment régulièrement et sans interruptions les formateurs, assurant leur militantisme et leur qualité dans le domaine.


2 – Le contenu du stage, une réponse aux attentes et besoins de formation

 

Vient alors la question des contenus du stage : Quelles thématiques aborder ?

Pour comprendre le planning de formation (plus communément appelé « Grille de Stage », nom qu’on utilisera dans cet article), il faut prendre en compte 2 points : Les contenus obligatoires, préconisés et demandés par le Ministère, et les attentes des stagiaires.

En premier lieu, le Ministère impose un contenu obligatoire : des temps de formations qui sont inaliénables, amovibles certes, mais nécessaires au bon déroulé de la formation. Ces temps-ci sont à prendre en compte. Cependant, la méthode et les détails de ces contenus restent à l’appréciation de l’organisme qui dispense la formation.
En second lieu –et c’est ce qui nous intéresse ici- viennent les attentes des stagiaires, et leurs besoins de formation.
Aux CEMÉA, le stagiaire est acteur de sa formation. Pour être complète et avoir du sens, cette formation devra non pas seulement donner un savoir préconçu et impersonnel, mais être une réponse aux interrogations des stagiaires.
Par exemple, si un ou plusieurs participants émet l’envie d’approfondir le domaine de l’économat, l’équipe mettra alors en place, du mieux qu’elle pourra, de nouveaux temps pour approfondir le sujet, d’une manière ou d’une autre. Le cas échéant, les temps informels (Autour d’un café, d’une cigarette, ou pendant un repas) peuvent, si le stagiaire le désire, être propices aux discussions pour aller un peu plus loin.

Un exemple de grille de stage (BAFD – Session de perfectionnement, à Rians, novembre 2016). Les temps de couleur orange ou jaune sont des moments pour répondre aux attentes des stagiaires. Les grilles sont, de fait, évolutives et non figées.

 
3 – Les méthodes, le cœur du projet des CEMÉA

Chaque organisme de formation défend des valeurs qui lui sont propres ; il existe une multitude d’organismes, on retrouve donc des noms phares comme la Ligue de l’Enseignement, ou les Francas, pour ne citer qu’eux. Ces valeurs sont inscrites au cœur des projets associatifs, et témoignent d’une histoire de plusieurs dizaines d’années ; presque un siècle pour certaines.
Les CEMÉA, ou Centre d’entrainement aux méthodes d’éducation actives font partie d’un courant pédagogique appelé « l’éducation nouvelle », que de grands noms ont défendu comme Maria Montessori, Celestin Freinet, ou encore Roger Cousinet.

Dans les faits, qu’est-ce que c’est les méthodes d’éducation active ?
Revenons en premier lieu sur les attentes des stagiaires. L’inconvénient qui est souvent mis sur la table par rapport au fait de prendre en compte les besoins de formation précis et individuels consiste à rappeler que la formation est courte, et ne permet pas de laisser du contenu de côté, sous peine de ne pas avoir assez apporté de connaissances à la personne

Déjà ici, l’éducation nouvelle apporte une autre réponse à ce problème. Elle déclare que l’apprentissage, avant d’être une accumulation de connaissances, doit être un facteur de progrès global de la personne. Concrètement, il est préférable que l’individu se construise globalement, plutôt que de lui “bourrer le crâne” d’informations qui, en conséquence, seront vite oubliées une fois la formation terminée.

L’animation est un secteur où les personnes tâtonnent, expérimentent, essaient et échouent (ou réussissent). L’expérience vient donc en grande partie des tests effectués sur le terrain, au contact des personnes. Le BAFD n’apporte qu’une base, pour permettre au stagiaire de comprendre le domaine, et de commencer à y devenir un acteur.

En second lieu, le stagiaire BAFD est acteur aussi bien de sa formation que de celles des autres : Chacun est d’autant plus formé par ses pairs qu’il est formé par une équipe de formation. Les formateurs, eux et elles, se positionnement comme des personnes ressources, mais certainement pas détenteurs d’une vérité absolue (ce qui serait une aberration dans l’animation tant la vérité absolue et généralisée à tous les enfants n’existe pas).
Dans les faits, un stagiaire est amené à expliquer, découvrir, partager son expérience, débattre, discuter des points de vue, se remettre en question, et se forger, grâce aux autres et à leurs contributions, une vision de l’animation propre à ce qu’il défend et à ses conceptions pédagogiques.

L’aménagement de la salle devient alors un facteur essentiel dans le respect des méthodes : Les tables en rang sont remplacées par des chaises, mises en rond pour que personne ne se sente « en retrait » ou « inférieur », permettant aussi d’offrir à chacun les mêmes égards et la même considération. Les estrades sont retirées, empêchant ainsi les formateurs d’être sur un piédestal, d’être en hauteur –donc symboliquement « supérieur »-. Les formateurs, d’ailleurs, se positionnent aléatoirement dans le cercle, rarement tous à coté, symbolisant ainsi leur place de personne ressource mais en perpétuelle remise en question de leurs pratiques et conceptions.

Un aménagement aux Ceméa : Cercle de chaises et tables en retrait, pour la prise en compte de tous et un réel échange de savoirs collectifs.

 

4 – Une histoire

En conclusion, il est essentiel de rappeler la légitimité des CEMÉA à la formation de l’animateur volontaire, de par leur formation continue de formateur, comme dit précédemment, mais aussi de par leur histoire : Fondateur du BAFA, le Brevet d’aptitudes aux fonctions d’animateur, il y a plus de 80 ans. Reconnue d’utilité publique, les CEMÉA ont toujours été les avant-gardistes des modifications fondamentales opérées dans les centres de vacances, tels que les levers échelonnés par exemple (Témoignage des pratiques de « réveils naturels » mis en place par différents militants dans leurs Accueils collectifs de mineurs respectifs).

Pour aller plus loin …. 

Voir (ou revoir) la vidéo de présentation du BAFD ci-dessous

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