Travail social – Santé mentale

Dès 1949, les CEMEA, à la demande de psychiatres, organisent le premier stage de formation des infirmiers psychiatriques. Depuis toutes ces années, nos démarches de formation se refusent de toute pratique parcellaire, en mettant en oeuvre différents liens :
– La dimension des champs théoriques ;
– Le lien entre ces champs théoriques et la clinique ;
– La transversalité de la prise en charge par différents professionnels ;
– L’histoire du Sujet, son devenir et son rapport à l’autre ;
– La possibilité de prolonger la formation par des rencontres et des échanges de travail.

Pour les CEMEA, la formation est une histoire de rencontre, un partage des savoirs, savoir être, savoir faire, qui tient compte de la dynamique institutionnelle. La formation n’est pas une fin en soi. Elle doit permettre l’émergence d’une identité professionnelle qui pourra s’investir dans l’action et se consolider au fil du temps.

Le catalogue des formations

Inscrivez vous directement en ligne sur

logocemeaformation

Renseignements et inscriptions au 04 91 54 25 36

 

La rencontre des CEMEA et de la santé mentale s’est initiée lors des premiers stages dans les hôpitaux psychiatriques, autour de la question de l’amélioration du cadre de vie des patients. Alors est née une parole singulière soignante. Faut-il le rappeler, l’organisation des premiers stages pour les “équipes de santé mentale”, mis en place par les CEMEA dès 1949, à la demande du docteurG. Daumezon (quand à l’époque il n’existait aucune formation professionnelle), s’appuie sur cette idée révolutionnaire de l’impérieuse nécessité pour le soignant de travailler sa pratique dans un partage et une confrontation de points de vue, et d’élaborer collectivement pendant le temps de formation une pensée théorique, gage de sa solidité soignante.

La continuité des soins sous-entend le renforcement de la fonction de portage (la fonction phorique) de chacun dans son rapport à la psychose, et plus amplement à la souffrance humaine. Cette posture soignante, qui met en pratique ce que Bonnafé appelait “l’art de l’écoute et de l’écho”, et cette capacité à penser ses observations qui implique le nécessaire déplacement du “point de voir”cher à Deligny, se travaille dans nos stages au quotidien. C’est cette approche psychodynamique de la compréhension du psychisme et de a place de la personne dans son histoire que nous continuons à défendre dans nos stages.

Les Ceméa ont ainsi contribué à la mise en mouvement d’une culture, celle de la psychiatrie du désaliénisme Autrement dit, l’inscription de la souffrance psychique dans un rapport à l’autre, le soignant, mais aussi l’homme de la cité. La psychothérapie institutionnelle a eu pour mérite d’inscrire celui qui souffre dans une dynamique de relation sociales, et donc a permis dans le même temps d’interroger les organisations et les fonctionnement des hôpitaux construit sur le modèle de l’enfermement, de l’exclusion et de la déshumanisation des personnes.

Les souffrances psychiques nombreuses et diluées aujourd’hui sont perceptibles dans une multitudes de lieux, (l’hôpital mais aussi l’école, la crèche, l’entreprise…) et interrogent les interventions à mener et créent du désarroi chez les professionnels. L’imposition des neurosciences, qui tend à réduire l’homme à ses symptômes, engendre des dérives comportementales dans les traitements individuels et participe de la stigmatisation de certains groupes sociaux, de leur ghettoïsation, et contribue à maintenir ou justifier les pratiques d’enfermement et d’exclusion

Rencontrer l’Autre, c’est rencontrer avant tout la part d’histoire en chacun de nous faite des cultures de l’humanité. Cette utopie dans la rencontre – au sens de ce lie toujours à rechercher – contribue à maintenir ce “principe de continuité”, référence de la position soignante d’accompagnement de la personne en souffrance dans la psychiatrie de secteur. Continuité des “petits riens” de ces “moindre choses” qui font l’homme Sujet et qui sont lieux d’expression de soi, paroles personnelles dans ces interstices laissés par les rencontres successives au gré des activités de la vie.

La formation permanente des personnels des institutions psychiatriques, sanitaires et sociales, ne peut se limiter à évoquer la souffrance humaine en tant que symptômes à gommer. La formation permanente, au sens de l’éducation populaire, se doit d’être un lieu de questionnement des pratiques professionnelles, un temps de contestation des assurances soignantes. La formation permanente participe à la construction des conditions nécessaires dune éthique soignante garante du sens à donner à la culture professionnelle et aux pratiques du quotidien.

Commission Nationale Santé Mentale

Une question par rapport à nos actions, notre mouvement, ou nos engagements ? N’hésitez pas à remplir ce formulaire pour nous contacter !